Le lendemain nous décidons de prendre la route et de faire le tour de l’île à la recherche de quelques spots photogéniques. Nous profitons de chaque situation pour voir ce que le D80 a dans le ventre : natures mortes, portraits, architecture,macro, paysages … viennent compléter notre galerie photo. Nous utilisons toutes les optiques à notre disposition même si à chaque changement d’objectif, nous craignons de salir nos capteurs. Souvent au milieu de la poussière et du sable, la sérénité offerte par un bon système anti-poussière fait défaut … dommage.
Le système autofocus hérité du D200 nous donne entière satisfaction. Pour tester le mode AF continu, nous improvisons une rafale sur le vol tranquille d’une frégate qui tourne au-dessus de nos têtes. Malgré la longue focale (zoom 70-300), la couleur noire de l’oiseau et sa position en contre jour dans le ciel, l’autofocus accroche le sujet instantanément et garde la netteté jusqu’à la dernière vue.
Le soir même, nous apprenons l’arrivée du trimaran Région Guadeloupe, tandis que le premier monocoque doit suivre quelques heures plus tard. Nous nous préparons pour assister à ce qui sera le dernier acte de folie de cette Route du Rhum. Claude Thélier, l’enfant du pays, est attendu comme un héros. Sur l’eau, les autorités craignent un incident et organisent un cordon de sécurité autour de son embarcation. Sage décision. Alors que Région Guadeloupe remonte péniblement de Basse Terre, une horde de bateaux l’escorte dans un joyeux tumulte. Nous le rejoignons au large. Plus aucune règle de navigation n’est respectée et les manœuvres dangereuses vont bon train. Nous travaillons pendant une ½ heure et arrêtons nos photos avec l’arrivée de la nuit. Notre vedette rapide abandonne le trimaran handicapé par des conditions de vent quasi nulles et nous rentrons au port.
Le lendemain matin, l’arrivée de « Bilou », sur le premier monocoque Sill et Veolia, paraît comme une simple formalité mais elle soulève une grande émotion : c’est sa première grande victoire. Et quelle victoire ! Ayant cassé sa bôme en pleine mer, Roland Jourdain l’a réparée avec tout ce qu’il a pu démonter à bord… y compris son lit ! Sans ce bricolage de fortune, la course était perdue pour lui.